Même si je ne sais pas comment le rejoindre, même si je me débouille pour le fuir, ma vie est orientée par le désir de rencontrer celui qui vit dans le puits.
Ecrire, c’est traverser la paroi qui nous sépare de notre locataire. S’il entend notre voix, les autres membres de l’immeuble pourront peut-être, l’entendre aussi.
Chaque livre qu’il lisait était comme une lettre à laquelle il devait répondre. Il écrivait.
ÔTE
cherche la conque
où résonnent les paroles
là où il fait sombre
se trouvent les orages
sous les dents
de la pluie
cherche
main ne te protège pas
ôte encore toujours
tes vêtements
qui retomberont
comme mots sur la page
si le fou ou l’impudique
répond que tu n’es pas
mais ôte encore
ôte toujours.
Michel REYNAUD, Mon corps me manque, Mars 2011